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Nouvelles du 08 juillet 2010
Cher site internet,
Je n'ai pas trop le droit de parler de mes projets de cinéma, c'est très frustrant parce que je suis bavard par nature, mais bon, motus. En gros, le chat va très bien, on en parlera bientôt. Pardon de l'avoir annoncé pour le mois de Juin mais on rêvait d'être sélectionnés à Cannes. Maintenant il ne nous reste plus qu'à trouver une date de sortie où il n'y aura pas un Dreamworks ou un Pixar en face!!! Maryline Monthieux et moi avons fait un nouveau montage de Gainsbourg, avec quinze minutes de moins, pour les versions étrangères, je l'aime beaucoup mieux que la version normale; on n'a coupé aucune scène, c'est juste un montage très différent, c'est un grand luxe de pouvoir retourner au montage un an après, merci à la production d'avoir permis cet exercice! Gainsbourg sort dans plein de pays et suscite des réactions très amusantes, parfois, ça se résume à "c'est l'histoire du type qui a baisé avec Brigitte Bardot" et parfois les gens connaissent un peu le personnage. Parfois aussi des gens croient qu'il est imaginaire. J'apprends beaucoup de choses en regardant le public étranger. J'ai envie d'appredre à écrire des films. je crois que ça prend du temps, mais je ne suis pas pressé. J'ai lu le deuxième volume de Feuille de Chou de Mathieu Sapin, je l'ai trouvé très mélancolique mais c'est sans doute juste mon regard. Jamais vécu un tel bouleversement: le tournage de Gainsbourg doit compter parmi les périodes les plus heureuses de ma vie et la promotion fût sans doute une des pires choses que j'aie vécues. Pourquoi? Je ne sais pas. Pourtant les journalistes étaient adorables, les gens qu'on rencontrait dans les projections aussi. Sans doute que c'était trop de paroles en trop peu de jours, parfois plus de trente interviews en une journée, parfois quarante de fièvre et une voix brisée pendant plus de dix jours sans qu'on identifie un autre virus que mon incapacité à voir tant de visages en une journée. J'essaie de prendre tout ça et d'en faire quelque chose, ça donne ma bande dessinée sur Chagall. L'envie d'être protégé par mon équipe, le désarroi de ne pas les avoir avec moi quand on m'envoie au bukkake mediatique. Je ne me plains pas je raconte. Quand je vends un livre à la presse, je suis moi-même, je m'autorise à dire quand quelqu'un m'emmerde, je ne me force pas à participer à des choses, je me sens très libre. Quand c'est pour un film, je me dis toujours que j'ai des comptes à rendre à mon équipe et que je dois aller partout où on me dit, même si j'aimerais mieux dessiner. Sans doute j'ai tort. Sans doute pour le chat je vais apprendre à faire autrement. Ca n'est pas normal d'être malheureux pendant la promotion d'une oeuvre quand tout se passe très bien?
Sur mes prochains projets de cinéma, je peux juste dire qu'il y a du dessin animé, et qu'il y a du live, et que j'écris en essayant de faire des progrès!!!! J'ai essayé d'écrire sur un ipad mais les traces grasses de doigts sur l'écran ça me crispe, j'ignore si mes corréligionnaires, du fait de leur sang levantin, ont les extrémités plus visqueuses que les autres bipèdes, mais la dalle de verre du ipad n'a rien d'immaculée quand je la tripote, et ça heurte mon aspiration atavique à la pureté.
J'avance pour résoudre mon problème de non-fin. Je fais de mon mieux pour présenter aux éditeurs des récits qui se bouclent. Ainsi, Chagall sera publié aux editions Gallimard en deux volumes, un en Septembre et un en Decembre, et l'histoire sera bouclée. J'ai bientôt tout fini cette histoire dont l'intégralité devrait tourner autour de cent trente pages (d'où le découpage en deux volumes).
Je commence à dessiner la suite de l'Ancien Temps. j'aimerais bien terminer les pages vers Décembre.
J'avance dans le roman-photo de cul, mais c'est infiniment long. Je ne me rendais pas compte que ça serait un tel pataquès d'intégrer des dessins et des photos. On passe deux jours à photographier des filles en short latex rouge vif, on est très contents, et on ne se doute pas de ce qui nous attend! Je commence à envoyer des pages à Walter et au studio Dargaud pour qu'ils y collent des couleurs et qu'ils maquettent tout ça. Si le but de ma vie consistait à créer des ouvrages qui ne ressemblent à rien, je suis en très bonne voix. Le titre est toujours "DE LA MORT"
Il y a bientôt trois ans, j'ai commencé à écrire une histoire sur le 18e siècle français. A un moment, je comptais en faire un projet collectif. J'avais fait venir Florence Dupré Latour et sa soeur, et Agnès Maupré, et Benjamin Bachelier et Christophe Blain et Gregory Elbaz et Gabriel Schemoul. On avait habillé Ophelia Kolb en comtesse, je voulais que François Morel et Gregory Gadebois et Philippe Duquesne se déguisent en philosophes déglingués et je voulais faire une bd avec des films et du son et des musiques sur un site internet. Olivier Daviaud avait même commencé à composer une symphonie baroque. Ca devait s'appeler "Fragonarde", du nom du chien de l'héroïne. Finalement j'ai tout laissé dormir, je me suis dit que je voulais l'écrire tout seul. Je me suis dit que c'était un film dans le genre du Ridicule de Patrice Leconte que j'adore, et j'ai laissé mourir tout ça. Et puis il y a six mois Philippe Val m'a appelé pour me proposer d'écrire un feuilleton satyrique pour la radio. Et j'ai repris mes philosophes. Et en écrivant, je me suis aperçu que ça appelait le dessin, donc j'ai laissé tomber l'idée d'un feuilleton radio. Ca devenait le projet qui se fera jamais, mon histoire de philosophes français. Enfin, j'avais au moins un bon titre: "Les Lumières De La France". Et puis le mois dernier mon producteur m'a fait imprimer de très beaux cadres tracés à la règle pour que je storyboarde des scénarios de cinéma. Et là au lieu de griffonner tout vite au marqueur, j'ai ressorti les plumes sergent major et je me suis mis à enluminer une histoire contemplative dépressive hystérique sur mes comtesses et leurs maris penseurs inconséquents, et le chien avec ses petits rubans. Ces jours ci ça avance tout seul et j'ai une quinzaine de pages. Il n'y a pas de cul dans les dessins mais les textes sont parfois affreusement grossiers. C'est drôle d'avoir fait la grande boucle avec ce projet pour qu'il devienne finalement une bande dessinée, publiée chez Dargaud bientôt. Vous avez lu Quai D'Orsay? Enfin bon, moi ça me motive à fond pour dessiner.
Sinon, pour répondre aux courriers sur certaines rumeurs:
Oui c'est vrai que Mathieu Amalric a fait un film sur ma pomme. On y voit une autopsie, des modèles nus et un orang-outan, ainsi qu'un Christophe Blain, un Riad Sattouf et un Mathieu Sapin. des poissons morts aussi.
Oui c'est vrai que je m'occupe de l'exposition Brassens pour la Cité de la musique. Ca bouffe un temps fou mais c'est très intéressant. C'est la première fois que je travaille sur une surface qui n'est pas plane, finalement, un livre et un film ça se ressemble, on remplit des cadres, mais occuper un lieu, c'est très stimulant. Ca va être un vrai cirque cette exposition, j'espère que ça plaira autant aux gens qui adorent Brassens qu'aux petits enfants.
Moi j'aimerais bien déménager dans un atelier plus grand que notre atelier mais mes copains traînent la patte. Vous ne connaissez pas un mécène qui nous offrirait un grand espace chic sous verrière avec plantes grasses et télé 3D pour jouer à Red Dead Redemption et aussi un rameur, un vélo d'appartement et central? A l'heure actuelle, les locaux de la Société Nationale de Bandes Dessinées sont toujours situés au coeur de Mos Esley, ce qui présente certains avantages mais pas seulement.
Il est question d'écrire du Donjon avec mon ami poète montpelliérain, mais vraisemblablement fin Août début Septembre.
à bientôt, bonnes vacances!
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